Conférence • Marie-Cécile Godwin Paccard • Façonner des futurs souhaitables #GEN2019

Conférence • Marie-Cécile Godwin Paccard • Façonner des futurs souhaitables #GEN2019

🎙 Marie-Cécile Godwin Paccard 👥 2K 📅 8 octobre 2019 ⏱ 32 min 👁 346 📄 vulgarisation 🧭 2026-10-10
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

anthropocènedesign fictionfuturs souhaitablestransition écologiquesobriété

Résumé

Marie-Cécile Godwin Paccard, designer UX, ouvre la conférence en soulignant notre difficulté à imaginer les futurs lointains, contrairement aux visions optimistes des années 1960. Elle introduit la notion de design fiction, illustrée par deux exemples : la dent connectée, concept fictif qui devient viral sans être développé, et l’appartement 2050 ‘Mitigation of Shock’ qui rend tangible un avenir dégradé. Elle enchaîne sur l’Anthropocène, cette nouvelle ère où l’humain devient une force géologique, et rappelle que le globe réagit à nos activités (Bruno Latour). Elle déplie ensuite plusieurs scénarios futurs : un premier centré sur les objets connectés qu’elle juge déjà fermé faute d’énergie et de ressources ; un second ‘business as usual’ menant à l’effondrement ; un troisième de compensation (solaire géo-ingénierie, compensation carbone) qui ne résout rien ; enfin un futur soutenable et désirable, où l’on élimine le superflu et préserve la médecine, internet, etc. Elle insiste sur les verrous sociotechniques (routes, externalités, effets rebond) et sur nos biais cognitifs (plus de 170 recensés) qui entravent la perception des limites. Venant du design, elle reconnaît la responsabilité de sa profession dans la surconsommation et présente un outil collectif nommé ‘Nouveau Départ’, fondé sur trois piliers : émis planétaire, territoire et temps, et des principes comme la re-politisation, la sobriété émotionnelle, l’introspection et la création d’outils libres. Elle conclut en proposant des objectifs mesurables et territoriaux plutôt que des injonctions vagues, appelant à un changement de vocabulaire et de pratiques.

240 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La conférence apporte une valeur certaine par son approche originale : elle relie design fiction, anthropocène et action concrète, et propose une méthode intitulée ‘Nouveau Départ’ nourrie de deux années de recherche. L’argumentation est persuasive et structurée, mais repose souvent sur des affirmations non sourcées (consommation énergétique des smart cities, nombre de biais cognitifs, etc.). L’usage d’exemples riches comme la dent connectée ou l’appartement 2050 aide à rendre concrets des concepts complexes. Cependant, la démonstration s’appuie davantage sur des convictions et des témoignages personnels que sur des études détaillées, ce qui limite sa portée scientifique. La distinction entre futurs ‘fermés’ et ‘ouverts’ est intéressante, même si elle peut sembler arbitraire ; elle est toutefois justifiée par des contraintes physiques et énergétiques évoquées sans chiffres précis.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique est moyenne : la conférencière cite sporadiquement le GIEC, Bruno Latour et des concepts scientifiques (effet rebond, externalités), mais sans donner de références complètes. Elle fait état de données (par exemple la consommation énergétique d’Internet en 2013) sans les sourcer directement dans le discours. La qualité des sources est correcte, mais la transmission reste vulgarisée et parfois approximative. L’adéquation titre/contenu est excellente : le titre annonce clairement l’intention de la conférence, qui vise à façonner des futurs souhaitables, et le contenu suit cette ligne tout au long. On note une cohérence entre la forme (conférence créative type design) et le fond, renforcée par des exemples illustratifs.

249 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre correspond bien au contenu : la conférence porte sur la manière de concevoir des futurs souhaitables dans un contexte d'Anthropocène.

Qualité & fiabilité

7/10

Exposé de vulgarisation appuyé sur des références (GIEC, Bruno Latour) mais reposant surtout sur des exemples et des convictions personnelles.

Moments clés

Sources citées

  • Site du Grand Est Numérique (GEN2020) — Lien vers l'événement #GEN2020 mentionné en fin de conférence.
  • Hoook.io - Captation vidéo — La société qui a réalisé la captation vidéo de la conférence.

Sources concordantes

Sources discordantes

  • Aucune source discordante claire — Le discours reste dans la ligne des alertes scientifiques (GIEC, collapsologie) sans que des sources contradictoires soient évoquées dans la vidéo.

Apport & nouveautés

L’apport original de cette conférence est de proposer une méthode concrète, nommée ‘Nouveau Départ’, pour intégrer l’Anthropocène dans la pratique du design. Elle invite à dépasser les injonctions individuelles et à réviser fondamentalement nos postures professionnelles, en s’appuyant sur trois piliers : les émissions planétaires, le territoire et l’échelle de temps. Cette démarche se veut collaborative (think tank commun) et propose des principes comme la re-politisation, l’humilité, l’introspection et la création d’outils libres. L’originalité réside dans le recours au design fiction comme outil de réflexion pour fermer ou ouvrir des futurs, un potentiel rarement exploité dans ce sens.

98 mots

Profil radar

Le profil radar montre une bonne quantité et qualité d'information mais une fiabilité globale moyenne, reflet d'un exposé vulgarisateur et engagé davantage que d'une étude scientifique stricte. Le niveau technique modéré indique une accessibilité pour un public large, tandis que la note globale élevée traduit la pertinence du propos pour la thématique des futurs souhaitables.

Fiabilité 6/10