Colloque L'invention littéraire des médias - L'appel des sens

Colloque L'invention littéraire des médias - L'appel des sens

🎙 Jean-François Chassay, Érika Wicky, Servanne Monjour 👥 318 📅 27 avril 2017 ⏱ 90 min 👁 177 📄 étude originale 🧭 2026-10-10
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

téléphonegramophonevoixfantastiquelittérature

Résumé

La vidéo est un enregistrement du colloque « L’invention littéraire des médias - L’appel des sens », organisé par la Chaire de recherche sur les écritures numériques. Trois interventions étaient prévues, mais une participante était absente ; seuls Jean-François Chassay (UQAM), Érika Wicky (FNRS/U. de Liège) et Servanne Monjour (U. de Montréal) prennent la parole. Le transcript fourni correspond à la première intervention, celle de Jean-François Chassay, intitulée « Allô, j’écoute ? Les voix surnaturelles des nouveaux médias fin-de-siècle ». Chassay explore comment la littérature française de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle s’est emparée du téléphone et du gramophone pour créer des motifs fantastiques et interroger le statut de la voix humaine. Il mentionne les réflexions de Saint-Simon sur les réseaux, puis analyse des œuvres comme L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam, Le Château des Carpathes de Jules Verne, Locus Solus de Raymond Roussel, ainsi que des textes moins connus tels que L’Utopie contemporaine de M. F. et L’Historioscope d’Eugène Mouton. Il montre comment ces récits attribuent aux machines la capacité de faire résonner des voix d’outre-tombe, de ressusciter des souvenirs et de remettre en cause la singularité humaine. Il termine sur une réflexion épistémologique : la voix humaine échappe à toute science, et la question de son attribution à une machine reste actuelle, comme en témoigne la notion de « téléphone intelligent ». La présentation s’appuie sur des exemples précis et des citations d’œuvres littéraires, mais sans support visuel ni références bibliographiques explicites.

250 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur des informations réside dans la richesse des exemples littéraires convoqués, souvent peu connus, et dans la mise en perspective historique des médias avec l’imaginaire romanesque. L’argumentation est structurée : après avoir posé le contexte sociétal de l’émergence du téléphone et du gramophone, il démontre par l’analyse de plusieurs romans et nouvelles comment ces technologies deviennent des objets oratiques qui déploient des images et des significations au-delà de leur matérialité. Les références à des auteurs canoniques comme Villiers, Verne et Roussel sont bien intégrées, et il opère des rapprochements pertinents avec des penseurs plus contemporains (Reeves et Nass, Barthes) pour appuyer sa thèse. L’argumentation est cohérente, mais on peut regretter un certain survol qui laisse peu de place à l’approfondissement de chaque œuvre.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique est correcte : l’intervenant est un professeur titulaire, spécialiste de la littérature et des représentations des sciences, et il cite de nombreuses œuvres littéraires avec précision. Cependant, aucune source externe n’est explicitement référencée (pas d’ouvrages critiques cités), et les extraits littéraires sont donnés de mémoire ou sans indication bibliographique précise. Le titre de la vidéo, « Colloque L’invention littéraire des médias - L’appel des sens », est adéquat : il annonce un projet interdisciplinaire sur les sens et les médias, et l’intervention sur la voix s’y insère parfaitement.

230 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre du colloque annonce une réflexion sur l'invention littéraire des médias et les sens ; l'intervention s'attache à la voix et à ses médiations technologiques, ce qui correspond bien aux enjeux annoncés.

Qualité & fiabilité

8/10

Interventions académiques de chercheurs spécialisés, s'appuyant sur une analyse détaillée de textes littéraires et sur des références historiques. Le contenu est cohérent et argumenté, bien qu'il s'agisse d'une communication orale sans publication écrite associée.

Moments clés

Apport & nouveautés

L’apport de cette intervention est de montrer comment la littérature fin-de-siècle a anticipé et façonné l’imaginaire des médias de communication, en particulier la voix, bien avant les études médiatiques contemporaines. L’analyse croise des œuvres canoniques et méconnues pour établir une généalogie des représentations de la voix technologique.

Pour aller plus loin :

  • L’Ève future — Roman de Villiers de l’Isle-Adam où la voix artificielle est centrale.
  • Le Château des Carpathes — Roman de Jules Verne explorant la projection et la voix enregistrée.
  • Locus Solus — Œuvre de Raymond Roussel avec une tête électrifiée et parlante.
  • Phonographe — Historique de l’invention qui a bouleversé l’idée de voix conservée.
  • Téléphone — Pour comprendre le contexte de séparation de la voix et du corps.

121 mots

Profil radar

Le profil radar est équilibré : note élevée en qualité de l'information et en fiabilité, un peu plus faible en niveau technique car il s'agit d'une analyse littéraire, et quantité d'information substantielle mais sans exhaustivité. La vidéo offre donc une réflexion solide pour un public averti.

Fiabilité 8/10