Conférence de Matheus Schwartzmann (Université de l’État de São Paulo – UNESP) — ULiège (27/03/2023)

Conférence de Matheus Schwartzmann (Université de l’État de São Paulo – UNESP) — ULiège (27/03/2023)

Sciences humaines, sociales & pensée Éducation JNEducationJNMEnseignement supérieur
🎙 Matheus Schwartzmann 👥 178 📅 1 avril 2023 ⏱ 134 min 👁 60 📄 étude originale 🧭 2026-10-09
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

misogyniesémiotiqueportraitDilma Rousseffanalyse du discours

Résumé

Cette conférence de Matheus Schwartzmann, professeur à l’UNESP et chercheur invité au Centre de Sémiotique et Rhétorique de l’ULiège, explore la misogynie dans l’image politique à travers les portraits de Dilma Rousseff. Le conférencier introduit son approche méthodologique, qui rompt avec l’analyse textuelle isolée pour adopter une perspective de séries de textes et de pratiques médiatiques. Il s’appuie sur les travaux de Jacques Fontanille et de Maria Giulia Dondero, notamment sur la notion de portrait comme dispositif d’extraction et de mise en figure. Il retrace ensuite la trajectoire de Dilma, de sa participation à la guérilla sous la dictature à sa présidence, en montrant comment la presse brésilienne a construit quatre parcours misogynes : la guérillera d’extrême gauche, la protégée de Lula, la méchante isolée et la femme agressive. L’analyse se concentre sur les stratégies de cadrage, les choix photographiques et les légendes qui participent à une construction médiatique hostile. Schwartzmann souligne que la presse brésilienne, tout en prétendant à la neutralité, a recouru à des représentations violentes et stéréotypées, participant ainsi à la délégitimation de la présidente. La conférence est dense et exigeante, mais offre une démonstration convaincante de la manière dont le portrait photographique fonctionne comme un outil de pouvoir et de discrimination de genre.

207 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur de cette conférence réside dans son apport original à la sémiotique et aux études de genre : elle applique un cadre théorique complexe (sémiotique des pratiques, formes de vie, énonciation) à un corpus médiatique concret, dépassant l’analyse d’images isolées pour embrasser un phénomène culturel. L’argumentation est solide et étayée par des exemples précis, l’intervenant montrant des portraits et des couvertures de presse (bien que les images ne soient pas visibles à l’écran dans la retranscription, il les décrit). Il explicite sa démarche, ses choix épistémologiques et assume la subjectivité de sa position de chercheur. La démonstration suit une progression logique : de la méthodologie à la théorie du portrait, puis à l’étude de cas de Dilma, enfin à la proposition de quatre parcours interprétatifs. Cependant, on peut regretter que l’analyse soit parfois trop dense, et que les images elles-mêmes ne soient pas visibles dans la vidéo, ce qui limite la vérification directe par le spectateur. Néanmoins, l’argumentation est convaincante pour un public averti.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique est élevée : le conférencier s’appuie sur des références théoriques solides (Fontanille, Dondero, Lipovetsky, etc.) et cite des travaux spécialisés. La méthodologie est expliquée en détail, avec une réflexion sur la constitution du corpus et le rôle du chercheur. Les sources sont principalement académiques, mais les exemples proviennent de médias brésiliens, et il ne fournit pas de références bibliographiques complètes dans la vidéo (pas de liste). La qualité des sources est donc indirecte, mais la démarche est scientifique. Le titre est très adéquat : il décrit exactement le contenu. On note également que la conférence est organisée par une université et par une chercheuse reconnue, ce qui renforce sa crédibilité. Enfin, la présence de quelques commentaires (non fournis) serait à analyser, mais nous n’en disposons pas ici.

310 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre est parfaitement fidèle au contenu : il s'agit bien d'une conférence universitairesur la misogynie dans l'image politique, centrée sur les portraits de Dilma Rousseff.

Qualité & fiabilité

8/10

Conférence académique rigoureuse, fondée sur une recherche en sémiotique, avec une méthodologie explicite, des références théoriques claires (Fontanille, Dondero) et une analyse détaillée de cas réels. L'argumentation est structurée et critique, bien que l'analyse soit subjective et ancrée dans un contexte politique brésilien spécifique.

Moments clés

Apport & nouveautés

L’apport original de cette conférence est de combiner la sémiotique des pratiques et des formes de vie à une analyse concrète de portraits médiatiques pour révéler les mécanismes de la misogynie politique. Il propose une méthode d’analyse de séries de textes (pas seulement d’images isolées) qui permet de saisir des phénomènes culturels. Il identifie quatre trajectoires narratives récurrentes dans la presse brésilienne lors de la chute de Dilma Rousseff, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des discriminations de genre en politique.

Pour aller plus loin :

  • Dilma Rousseff — Biographie et contexte politique de la présidente brésilienne, utile pour comprendre le cas étudié.
  • Sémiotique — Cadre théorique général de la discipline.
  • Misogynie — Définition et perspectives historiques du concept.

119 mots

Profil radar

Le profil radar est très déséquilibré : la qualité et la quantité d'information sont élevées, ainsi que le niveau technique, mais la fiabilité globale est légèrement inférieure en raison de la subjectivité inhérente à l'analyse sémiotique et du manque de sources externes vérifiables dans la vidéo. Le profil reflète une conférence académique dense et spécialisée.

Fiabilité 8/10